Empreintes éphémères

28 nov. 2020

Les gens qu'on aime #21



J'ai bien aimé ce jeu, mais il a été stressant et puis je n'ai plus d'inspiration!

Pour finir en forme de pirouette:

Quelqu'un qui aime les animaux,
mais Qui aime aussi aider autrui
est Quelqu'un de très intelligent.
Quelqu'un qui n'a peur de rien
malgré Une vie compliquée et difficile est certes
Quelqu'un à propos de qui on devrait écrire un livre.
J'en connais certainement un ou une,
c'est peut-être Quelqu'un qui est un.e voisin.e,
c'est peut-être Quelqu'un avec qui j'ai passé du temps dans un chouette endroit,
peut-être Quelqu'un à qui j'ai enseigné quelque chose;
c'est sans doute Quelqu'un qui est mort et qui me manque…
en tout cas c'est Quelqu'un dont je ne me souviens plus du nom.

Tu as une remarque à faire, Lennon?
lennon_1.jpg, nov. 2020

Tu as raison, je suis feignante!

27 nov. 2020

Les gens qu'on aime #20



Quelqu’un qui avait les cheveux noirs


J'ai découvert Barbara en 1965, en même temps que Jacques Brel; Brassens, je l'écoutais depuis longtemps, mes parents possédant la plupart de ses disques.

Je connaissais ses chansons par cœur, je les chantais indéfiniment (lorsque j'étais seule car mon entourage m'a toujours dit et répété que je chantais faux, du coup je n'ai jamais osé m'inscrire à une chorale!)

Mes goûts en matière de chanson, qu'elle soit française ou étrangère n'ont jamais changé.
Je vibre toujours de la même façon aux accents de la "longue Dame brune".

Mais, ma préférée, parmi toutes ses chansons, qui a une valeur de symbole, c'est "Pierre".

25 nov. 2020

Les gens qu'on aime #16


C'est écrit, donc je publie...
Quelqu’un d’unique, original, ou un peu spécial

Dans le chemin Huron, sur mon île, j'habite au numéro 3, il habite au numéro 2, nos maisons sont juste séparées par le chemin.
Lorsque nous avons commencé à venir ici, en 1997, sa maison était occupée par des locataires, il était encore en activité et habitait en Normandie. Lorsqu'il a pris sa retraite, il est revenu sur l'île avec sa compagne. Nous avons vite sympathisé, mon mari et lui s'appréciaient énormément. Il a un caractère bien trempé, a un avis sur tout, s'enflamme vite dans la conversation.
C'est un original, marin dans l'âme, jaloux de sa solitude qu'il ne partageait qu'épisodiquement avec sa compagne de l'époque.

Jacques, c'est mon île, c'est le copain des rencontres festives et l'ami des mauvais jours , c'est la complicité, les discussions sans fin où nous nous écharpons de bon cœur car nous ne sommes jamais d'accord, c'est l'entr'aide, la main tendue.

jacques_1.jpg, nov. 2020

Un an environ après le décès de mon mari, il avait une nouvelle compagne, à l'occasion d'un séjour hivernal elle se tenait sur la réserve, un peu distante, puis m'a finalement avoué:
"Vous savez, il me parlait si souvent de vous. Quand au téléphone, il me disait - Ce soir, je dîne avec Annie - ....J'étais franchement jalouse, je me demandais ce que vous étiez pour lui…"
Je m'entends bien avec elle, maintenant, j'ai appris à la connaître et elle n'est plus jalouse!
Mais les moments les plus précieux que nous passons ensemble avec Jacques, c'est lorsqu'il est seul sur l'île et que nous nous rencontrons autour d'une bonne bouteille et que les heures s'égrènent au fil des échanges enflammés.

C'est Jacques qui m'a initiée à la pêche sur son bateau.
Il m'appelle au téléphone, "la mer est bonne, tu viens? " Nous nous retrouvons alors pour des moments privilégiés que nous passons le plus souvent en silence, savourant l'un et l'autre la liberté d'être en mer, la beauté qui nous est offerte.

jacques_3.jpg, nov. 2020

Quand ma fille aînée a fait sa connaissance, elle m'a dit: "Tu sais, Jacques, il me fait penser à Grand-Papa…" et c'est vrai qu'il a beaucoup de points communs avec mon père, je pense que cela compte pour beaucoup dans l'affection que j'ai pour lui.

jacques_0.jpg, nov. 2020

Heureusement qu'il ne lira jamais cela!

22 nov. 2020

Les gens qu'on aime #15



Quelqu’un qu’on n’a fréquenté que peu de temps...mais qui a beaucoup compté pour nous


Finalement je ne l'ai "fréquentée" que le temps d'une année scolaire, mais son influence a été si grande, elle a tellement compté pour moi que j'ai l'impression qu'elle a accompagné tout ma vie!

C'était l'année scolaire 1964/1965, je venais d'entrer en Terminale Philo dans la terminologie de l'époque. Nous étions quarante deux élèves, toutes des filles bien sûr, il n'y avait pas encore de mixité dans le Secondaire. Je revois cette salle de classe lumineuse dans laquelle il avait fallu rajouter des chaises, certaines élèves étaient assises sur l'estrade et écrivaient sur leurs genoux, faute de place.
J'avais été soulagée lorsque j'avais appris que je n'aurais pas comme prof celle qui enseignait depuis très longtemps dans l'établissement, était célèbre pour sa participation à la Résistance mais redoutée de toutes à cause de sa sévérité.
Celle qui avait été assignée à notre classe était jeune, c'était son premier poste, Huguette Bouchardeau avait déjà acquis une aura particulière, elle faisait l'unanimité auprès des élèves mais suscitait la méfiance chez les parents. Nous ignorions alors que plus tard, elle deviendrait ministre!

Nous étions toutes à des degrés divers le produit d'un système éducatif rigoureux et traditionnel, quand il n'était pas fortement imprégné de religion. J'avais, pour ma part, la chance d'avoir des parents beaucoup plus larges d'esprit que ceux de la plupart de mes camarades. Il n'en restait pas moins que, comme elles, j'étais extrêmement ignorante des réalités de la vie. A cela s'ajoutait le fait que nous étions relativement nombreuses à être de deux ans plus jeunes que les élèves d'aujourd'hui, ainsi j'étais entrée en classe de Terminale à l'âge de seize ans. Il y a une explication toute simple à cela: l'école maternelle n'existait pas aussi on entrait en classe de 11ème (l'équivalent de notre CP) dès l'âge de cinq ans si l'on savait lire.

Très jeunes, naïves, sans expérience aucune, n'ayant jamais eu à penser par nous mêmes, nous nous retrouvions face à une jeune femme passionnée, extrêmement intelligente, engagée politiquement et qui commença par nous proposer une série d'exposés qui nous confrontaient à des problématiques dont nous ignorions tout.

C'est ainsi que, au soir de ce premier jour de classe, je rentrais chez moi en annonçant à mes parents que j'avais un exposé à préparer sur la contraception et le planning familial!
Jamais elle n'ironisait sur notre candeur, elle était attentive à toute remarque, à toute question, son enseignement était lumineux. Je découvris pêle-mêle Platon, la maïeutique, Paul Klee, Kafka, l'existentialisme, Simone de Beauvoir. J'étais une véritable éponge. La philo fut une révélation pour moi mais au-delà, je découvris que je pouvais penser par moi-même, et que ce que je pensais pouvait être entendu et crédible.

Huguette Bouchardeau animait le club-théâtre du lycée ouvert aux élèves de Première et de Terminales. Après beaucoup d'hésitations j'avais enfin osé m'y inscrire. J'assistais tous les ans à la représentation de fin d'année mais c'était pour moi un cénacle qui me semblait inaccessible.
Elle nous proposa de travailler sur Boris Vian et de préparer un spectacle qui comporterait en première partie sa pièce "Les Bâtisseurs d'Empire" et en seconde partie la mise en jeu de ses poèmes. C'est à moi que revint la mise en scène de la pièce.
Comme chaque année se posa le problème des rôles masculins, elle contournait habituellement le problème en choisissant des pièces comportant une large majorité de personnages féminins mais cette fois-ci cela paraissait inconcevable. Elle entreprit alors de faire le siège de la Directrice du Lycée pour obtenir que des élèves soigneusement choisis par le Proviseur du lycée de garçons Claude Fauriel puissent participer au projet. Elle obtint satisfaction à la condition expresse que les répétitions n'aient pas lieu au lycée. Pas question de faire entrer les loups dans la bergerie! Et que diraient les parents?

Alors pendant un an, tous les vendredis après le dernier cours, je montais sur la colline de la Vivaraize où elle habitait et nous y retrouvions les garçons de Fauriel. Les répétitions se passaient dans son garage, son mari mettait la main à la pâte pour les décors et nous étions éblouies d'être ainsi immergées dans son univers familial intime. A huit heures et demie le soir je redescendais savourant cette parenthèse magique.
Le spectacle fut donné deux soirs de suite au mois de mai dans une salle de la ville et nous eûmes les honneurs du journal. De cette expérience naîtra mon amour du théâtre. Pendant toute ma carrière je ferai du théâtre avec mes élèves, essayant toujours de faire jaillir de cette expérience partagée des étincelles de créativité, l'oubli des regards critiques, l'acceptation de son corps et l'envie de se dépasser.

Durant cette année de terminale, j'eus vraiment la sensation de naître à moi-même, de commencer à exister pour ce que je pensais, ce en quoi je croyais et ce sentiment ne me quitta jamais, c'est son enseignement qui m'apprit véritablement à avoir confiance en moi.
L'été elle proposait aux élèves qui le désiraient de venir avec elle passer un mois dans un kibboutz en Israël: cela me paraissait un rêve absolu, la porte ouverte sur la vie pour nous qui allions quitter le lycée. La réponse de mes parents fut sans appel et je ressentis une amère jalousie à l'égard du petit groupe privilégié(bien peu de parents donnait la fameuse autorisation!) qui allait vivre cette aventure.

En 1970 elle quitta le lycée et devint assistante puis maître de conférence à Lyon, en Sciences de l'Éducation, elle y resta jusqu'en 1983. En 81 ou 82 je m'inscrivis pour suivre en auditrice libre une série de cours. C'est là que je la retrouvai et le plus beau cadeau qu'elle me fit fut de se souvenir de moi et de cette année-là! Nous nous rencontrâmes plusieurs fois autour d'un café ou d'un verre après les cours. Elle n'avait rien perdu de ses convictions et de son enthousiasme.

Huguette_Bouchardeau_200x240.jpg, nov. 2020

21 nov. 2020

Pause


#les gens qu'on aime

C'est épuisant ce jeu...
Je m'aperçois que les gens auxquels je pense spontanément à partir de la consigne appartiennent à mon passé, parfois très lointain! Peut-être ai-je du mal à parler de personnes plus proches dans le temps, mais cela tient plus certainement à ma manière de vivre actuelle: si ma sphère "sociale" est vaste du fait de mes activités, les gens que je fréquente véritablement et dont je pourrais parler de façon approfondie sont très peu nombreux. En dehors de mes relations familiales proches, je vis de façon très solitaire et je m'en accommode plutôt bien!

Avant la maladie de mon homme nous avions une vie professionnelle, sociale et conviviale intense, mais petit à petit nous avons restreint volontairement le cercle et durant les quatre dernières années, lorsque nous avons déménagé pour le Forez, nous avons limité nos relations à nos enfants essentiellement.
Je n'avais pas envie du regard des autres, ni de leur compassion. Ils sont très peu nombreux à avoir vraiment partagé cette période et ils constituent aujourd'hui la seule poignée d'amis qui comptent véritablement pour moi.

A présent que j'ai petit à petit reconquis mon espace, que j'ai redonné un sens à ce que je fais, je vois de nouveau beaucoup de gens, j'ai la réputation de quelqu'un de très sociable et hyperactive mais il existe une frontière infranchissable entre la vie que je mène une fois la porte de ma maison fermée et la tanière que je retrouve au bout de mon chemin, la journée finie.

Alors j'aime bien ce jeu d'écriture dans lequel je me suis laissée entrainer, mais forcément il me ramène toujours à la vie d'avant et l'item de la consigne "les gens qu'on aime" se conjugue la plupart du temps au passé.
J'ai presque épuisé les consignes qui me parlent vraiment alors je vais peut-être maintenant créer les miennes...


cerf_volant.jpg, nov. 2020

10 nov. 2020

Les gens qu'on aime #6

Quelqu’un qu’on n’aimait pas au début mais ça a changé: aucune idée ne me vient!
Généralement mon premier élan ou ma réticence spontanée se confirment par la suite.

Oui, bien sûr j'ai changé parfois d'avis sur certaines personnes mais il s'agit plutôt de la sphère publique: artistes ou écrivains que j'ai appris à apprécier avec le temps.
Je n'ai pas l'impression d'avoir rencontré et surtout côtoyé des gens que je n'aimais vraiment pas. Au pire ceux avec qui j'étais en profond désaccord, je ne les ai pas fréquentés et j'ai une indulgence naturelle qui m'empêche de "ne pas aimer".
On ne peut pas tous réagir de la même manière, on n'a pas tous le même caractère, les mêmes priorités....et c'est heureux.

Enfin, ils sont sûrement nombreux ceux que j'ai croisés et qui ont eu de bonnes raisons de ne pas m'aimer , moi!!!



la-colombe-poignardee.gif, nov. 2020

La Colombe poignardée et le jet d'eau , G. Apollinaire, Calligrammes

1 mai 2018

Les asphodèles, reines de la lande

A la fin du mois d'avril, les chemins qui traversent la lande voient éclore les asphodèles fières et droites, dont le vent fait osciller les fragiles corolles. C'est le souffle du vent de mer qui fait chuchoter les syllabes frémissantes et légères de leur nom.

asphodele_3.jpg